En médecine tout repose sur le rapport bénéfices / risques et il en va de même pour les vaccins.

Louis Pasteur met au point le premier vaccin en 1885. Il s’agit du vaccin contre la rage. Cette découverte va bouleverser le monde médical et permettre l’éradication de la variole. Selon L’UNICEF, sept maladies sont maîtrisées grâce à la vaccination : la variole, la diphtérie, le tétanos, la fièvre jaune, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole.  » La vaccination prévient actuellement 2 à 3 millions de décès chaque année. » (OMS).

« Le microbe n’est rien. Le terrain est tout. »

Louis Pasteur

Le vaccin est une protection individuelle mais aussi collective. Il immunise la personne vaccinée mais protège aussi celles qui l’entourent, en particulier les personnes qui ne peuvent pas l’être pour cause d’immunodéficience ou de maladie. Il faut donc qu’un certain pourcentage de la population soit vacciné pour empêcher la propagation du virus ou de la bactérie et ainsi protéger ces personnes à risques.

Le procédé de vaccination repose sur la réaction immunitaire gérée par les globules blancs. Elle se divise en deux systèmes d’immunités : l’inné et l’acquis. Chacun met en jeux différents types de globules blancs. Le système inné repose sur l’action de deux d’entre eux qui vont absorber l’agent infectieux (pathogène) et mourir. Le système acquis agit un peu plus tard mais de façon spécifique à l’aide d’un type de globule blanc : les lymphocytes. Ceux-ci sont dotés d’une mémoire immunitaire. C’est-à-dire que certains d’entre eux vont mémoriser les caractéristiques du virus ou de la bactérie (antigènes), ainsi que les protéines à produire pour les vaincre (anticorps). Le vaccin a pour but de déclencher une réaction immunitaire tout en évitant les risques d’une infection réelle par le pathogène. Cela permet aux lymphocytes de mémoriser la réaction la plus efficace et adapté pour éliminer l’agent pathogène et donc d’éviter une contamination future.

Un nouveau type de vaccin voit le jour en ce moment avec la pandémie de la COVID-19. Il s’agit du vaccin à ARN messager développé par Pfizer/BioNTech et Moderna. Mais avant toute chose, qu’est-ce que l’ARN messager ? Il s’agit de l’Acide Ribonucléique, une molécule codante pour les protéines synthétisées grâce au code génétique de l’ADN. Ainsi le vaccin n’injecte plus l’organisme infectieux atténués mais seulement l’ARN messager codant pour des protéines de cet organisme qui déclenchent la réaction immunitaire chez l’Homme. Ce serra donc la cellule humaine qui produira elle-même ces protéines et induira la réponse immunitaire.

« Un vaccin est une préparation administrée pour provoquer l’immunité contre une maladie en stimulant la production d’anticorps. « 

OMS

Composition et fabrication d’un vaccin

Un vaccin est forcément composé d’une solution saline ou d’eau stérile, ainsi que du virus ou de la bactérie pathogène. Ces derniers peuvent être vivants et atténués ou inactivés. Ils perdent alors leur pouvoir infectieux tout en gardant la capacité d’induire une réaction immunitaire. Ils sont très efficaces mais contre-indiqués chez la femme enceinte et les personnes immunodéprimées. À ces composants s’ajoutent des adjuvants et des conservateurs antimicrobiens (non obligatoires). L’adjuvant est souvent un sel d’aluminium. Il permet d’augmenter la réponse immunitaire. Ils sont aussi utilisés dans les cosmétiques comme les déodorants. Quant aux conservateurs, le lactose et le sorbitol sont les plus utilisés. Ils améliorent la stabilité du vaccin.

La fabrication d’un vaccin se fait en deux étapes, il y a d’abord la production de la substance active puis la mise en forme pharmaceutique. La fabrication d’un vaccin repose sur des cultures de cellules animales ou des œufs de poules auxquelles le virus ou la bactérie a été inoculé. L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) est consciente que « leur fabrication fait appel à des matières premières d’origine biologique ainsi qu’à un processus complexe et soumis à variabilité. ». Cette variabilité de production peut représenter un risque de contamination. C’est pour cette raison que l’ANSM pratique un suivi particulier de ce produit médical et que le processus de fabrication comporte une étape de purification du principe actif ainsi qu’une mise en flacon de manière stérile. Pour les vaccins à ARN messager, l’étape de production de la substance active se voit considérablement réduite car il suffit de synthétiser les ARN messagers sélectionnés.

Le développement, la fabrication et la mise sur le marché d’un vaccin sont très contrôlés. L’ANSM surveille la qualité du vaccin et le rapport bénéfices/risques de celui-ci. Elle  » intervient dès la phase des essais cliniques dans le développement d’un vaccin« . C’est elle qui délivre l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et surveille la sécurité d’emploi du vaccin. Elle contrôle aussi la libération de chaque lot en plus du contrôle effectué par le fabricant.

Le rapport bénéfices/risques

Tout médicament ou acte médical comporte des bénéfices mais aussi des risques. Même le paracétamol est risqué. Les vaccins n’échappent pas à cette règle. Les risques qu’ils comportent sont liés à son procédé de fabrication et à ses composants. Tout d’abord, il n’est pas anodin de s’injecter une bactérie ou un virus potentiellement mortel. C’est pour cette raison qu’ils sont inactivés ou atténués. La variabilité de production due à l’emploi de culture biologiques est elle aussi un risque. Ces cultures peuvent être contaminées comme cela a été le cas avec le vaccin contre la polio dans les années soixante. Certains lots de ce vaccin ont été contaminés par le virus SV-40 (virus simien 40) qui est responsable de tumeurs cancéreuses.

Pour ce qui est de la composition des vaccins, le formol qui permet l’inactivation du virus ou de la bactérie et les sels d’aluminium sont les composants qui suscitent le plus de débats. Le formol est un cancérigène de catégorie 1 avéré depuis 2004 (Centre International de Recherche sur le Cancer) et reste présent sous forme de traces infimes dans le vaccin. Mais ce procédé d’inactivation n’est pas toujours utilisé, elle peut se faire par chauffage de la bactérie ou du virus. Aucun cas ni études ne permettent cependant d’établir ou de suspecter son emploi dans les vaccins comme étant la cause de cancers. Les sels d’aluminium eux sont corrosifs et suspectés d’être responsables de maladies neurologiques comme Alzheimer ou encore du cancer du sein. Seulement aucune étude à ce jour permet d’affirmer avec certitude un lien entre ces maladie et les sels d’aluminium. Il interfère aussi avec le métabolisme du fer en prenant sa place sur les globules rouges. La concentration de cette substance reste faible dans les vaccins, inférieur à 10 microgrammes par kilo. L’ANSM précise qu’ils restent l’adjuvant le mieux toléré par l’Homme. Selon l’OMS, les adjuvants des vaccins ne sont pas une source de risques avérés qui susciteraient l’arrêt de leur emplois. Ainsi les risques liés à ces composants restent, pour l’instant, infimes mais aussi peu documentés.

Pour ce qui est des vaccins à ARN messagers, ceux-ci sont étudiés depuis une dizaine d’années et arrivent pour la première fois en phase III des tests cliniques. On note déjà qu’ils présentent certains avantages. En effet cette technique ne nécessite pas de mise en culture de l’agent pathogène ni d’étape de purification. Ainsi la vitesse de production du vaccin en est fortement réduite, mais elle est aussi moins risquée. Les contaminations possibles lors de la culture sont de cette façon supprimées. Ils ne nécessitent pas non plus l’utilisation d’adjuvants (sels d’aluminium) et sont de cette façon encore mieux tolérés par l’organisme que les vaccins dit « classiques ».

D’un point de vue global, les bénéfices des vaccins sont considérables. Ils ont permis l’éradication de la variole et éviteraient un nombre important de morts chaque année. Le nombre de complications dues aux vaccins est rare et concerne essentiellement des personnes à risques (système immunitaire défaillant qui n’était pas identifié jusque-là). Le rapport bénéfice/risque est donc très favorable selon l’OMS, l’ANSM et l’Institut Pasteur.

Polémique vaccinale

Les vaccins font l’objet d’une polémique grandissante depuis le début de ce siècle. Beaucoup questionnent leurs risques, notamment ceux liés à leur composition. Certains composants sont cancérigènes ou neurotoxiques. L’opinion publique reste partagée car aucune étude ne permet de trancher réellement quant à la dangerosité réelle de la concentration de ces composants. Il faut tout de même noter un manque de transparence et d’études sur les effets à long terme de l’aluminium et des nanoparticules qui composent les vaccins.

D’autre part, la question des lobbys pharmaceutiques revient souvent. Le vaccin s’inscrit certes dans une compétitivité pharmaceutique comme le COVID le montre actuellement, mais fait aussi partie d’une politique de santé publique, il est donc remboursé par la sécurité sociale à des niveaux différents selon s’il est obligatoire ou non. Cependant les laboratoires pharmaceutiques fixent eux-mêmes les prix en collaboration avec le CEPS (Comité économique des produits de santé) en fonction des prix du marché mondial. Cependant, cette politique de santé publique ne concerne que la France. Elle n’est pas la même d’un pays à l’autre.

Cette dernière décennie le taux de vaccination ayant diminué, une recrudescence de la rougeole – infection virale virulente et très dangereuse – est apparue. C’est pour cela que des campagnes de vaccination ont vu le jour. L’OMS a mis en place un plan d’action mondiale pour les vaccins (PAMV) en 2011 qui a été adopté par les 194 États membres. Les ONG comme Médecins du Monde ou encore Médecins Sans Frontières font des campagnes de vaccination. Elles militent pour l’accès à la vaccination dans les pays défavorisés et pour la réduction des prix des vaccins. Le Pr Philippe Sansonetti – chef de l’unité de Pathogénie microbienne moléculaire à l’Institut Pasteur – ajoute « que le débat sur la vaccination est un problème de pays riches « .

sources :


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